Femmes battues pendant le confinement

😨 En plein confinement, nous avons voulu en savoir plus concernant la situation des femmes qui, avant le confinement, étaient dans des conditions conjugales complexes et qui forcement, au vu du contexte, se retrouvent dans des circonstances qui ont dégénéré
 
▶️ Pour en savoir +, on s’est rapproché de l’ ANEF 63 , ⚠️ l’assoc auvergnate qui traite ces sujets avec Gilles LOUBIER, le directeur général qui a partagé son témoignage et nous a alerté sur la situation
 
☢️ Le chiffre qui fait flipper : l’association recevait environ 1 appel tous les 2,5 jours et depuis (le confinement) c’est UN APPEL PAR JOUR
 
📣 Le saviez-vous mais les violences conjugales ont augmenté de 30% depuis le début du confinement ?

Présente-toi !

Gilles Loubier : « Bonjour, je suis Gilles Loubier, directeur général de l’ANEF 63, l’association qui assure les missions de protection de l’enfance et d’accueil de publics vulnérables et dépourvus de logement.

Aujourd’hui nous allons parler plus particulièrement des femmes victimes de violences conjugales, puisque l’ANEF veut dire Association Nationale d’Entraide Féminine et donc c’est un dispositif qui a été créé en 1952 afin d’accueillir et de prendre en charge les femmes, au départ. »

 

En Vrai : Depuis quand les femmes sont-elles victimes de violences conjugales ?

Gilles Loubier : « Le contexte des violences conjugales a pris toute son importance ces derniers temps par une très forte médiatisation, mais c’est un phénomène qui existe depuis extrêmement longtemps.

Dans le Puy-de-Dôme et dans l’Allier, où on déploie notre action, nous accueillons à peu près 150 femmes par an, ce qui fait à peu près une femme tous les 2 jours environ et je rappelle que l’ANEF s’occupe des personnes qui sont dépourvues de logement à l’issue de leur décision de quitter le domicile conjugal, et donc nous n’avons pas dans ce chiffre la plénitude des violences faites sur le territoire du Puy-de-Dôme et de l’Allier, ni celles qui n’ont pas de solution d’hébergement à l’issue de leur décision. »

 

En Vrai : Et pendant le confinement que se passe-t-il ?

Gilles Loubier : « Nous voyons depuis la semaine dernière que nous avons un appel par jour, alors que d’habitude c’est plutôt un appel tous les deux jours ou 2 jours et demi.

Donc c’est une augmentation de plus du double, c’est extrêmement important, donc on a accueilli une quinzaine de femmes depuis une semaine et demie.

Les femmes qui nous appellent sont dans des situations beaucoup plus dramatiques que d’habitude, nous avons des femmes qui nous appellent directement.

Elles sont déjà passés par la « case police », voire l’hospitalisation, et donc on a des situations beaucoup plus dégradées, c’est pour ça que nous avons pris la décision dans le département de l’Allier d’ouvrir sept appartements supplémentaires.

Ces situations nous permettront d’accueillir un peu plus de femmes dans des conditions qui respectent le confinement puisque ce sont des appartements autonomes. »

 

En Vrai : Les hommes aussi sont victimes de violences conjugales ?

Gilles Loubier : « Environ 1% de nos accueils sont des hommes, donc nous avons toujours quelques situations.

Nous accueillons les violences conjugales et ils peuvent être dans les deux sens, même si la proportion est fortement sur les violences faites aux femmes, mais nous accueillons toujours 1 ou 2% de situations d’hommes.

Ce sont des situations très particulières, puisque ces hommes-là quand ils sont violentés par leurs conjointes sont dans une situation psychologique aussi extrêmement dégradée et surtout ils ont honte. C’est quelque chose que, peut-être, on voit moins chez les femmes mais c’est la honte d’avoir été violenté par leur conjointe. »

 

En Vrai : Tu peux nous donner un cas typique de personnes prises en charge par l’ANEF ?

Gilles Loubier : « J’ai le souvenir d’avoir accueilli des dames qui arrivent sans affaires, si ce n’est leurs affaires propres qu’elles avaient sur elles, sans bagages, avec leurs enfants et des fois même sans leurs médicaments. »

 

En Vrai : Tu as un message à faire passer ?

Gilles Loubier : « Le message qu’on peut faire passer qui est lié aux femmes victimes de violences, mais qui est aussi à tous les publics fragiles, c’est que dans la situation où en est le confinement, les publics fragiles sont encore plus fragilisés.

On voit bien la difficulté que chacun a pour vivre dans cette situation, alors les publics fragilisés et les femmes victimes de violences se sont coupés des dispositifs existants et notamment les dispositifs associatifs.

Les associations doivent renouveler de vigilance, doivent renouveler d’intervention, d’imagination aussi, donc on doit rester présents auprès de ces public-là et de pouvoir continuer de répondre aux missions qui sont les nôtres et qu’on se donne depuis de nombreuses années et pour être toujours aussi pertinents dans ces missions-là. »

Adriz Rédac' chef